Interview de Community Manager agricole #2

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Après avoir lu l’interview de Flavien et de Fabien, voici la suite des interview des deux dernières passionnés qui vont vous confier leur vision.

1/ Pouvez-vous vous présenter et expliquer ce qui vous a motivé à créer une page fan pour recenser les photos des agriculteurs ?

– Gilles BIVAUD –  Les agriculteurs sont des bosseurs

« 52 ans, agriculteur depuis 1985 en Loire Atlantique, j’ai arrêté le lait en 2009 (185 000 litres de quota) à cause des mises aux normes.

Ce qui m’a motivé à créer une page fan : L’envie de communiquer entre agriculteurs… le but n’est pas pour moi de recenser des photos! … les photos sont un moyen d’engager la communication. »

– Claire LAMY-GRANDIDIER – Pas d’avenir sans agriculteur

« Je m’appelle Claire je suis petite-fille et nièce d’agriculteurs et je suis en terminale scientifique dans un lycée général.

Ce qui me plaît dans cette page c’est que chacun partage ses photos. Mettre en avant tous types d’agriculture et d’agriculteurs permet de rendre la page accessible au plus grand nombre. Ce que j’aime en m’occupant de cette page c’est de partager et d’échanger avec des agriculteurs qui peuvent avoir d’énormes fermes comme des plus petites. Notre page ne met pas de barrière à personne. Cette page me permet de vivre ma passion au quotidien.

Nos fans sont très variés, ils viennent de tous les pays et sont de tout âge même si les personnes les plus représentées sont les hommes entre 18 ans et 24 ans. Nous avons des personnes fidèles qui nous envoient des photos ou d’autres qui nous en envoient pour la première fois. La page permet aussi aux agriculteurs de voir ce qu’il se passe dans d’autres régions.  »

2/ Pensez-vous que les agriculteurs sont ultra connectés ? Comment faites-vous pour gérer votre page ?

– Gilles BIVAUD –  Les agriculteurs sont des bosseurs

« A mon avis ,en moyenne  les agriculteurs de moins de 35 ans sont sensiblement autant connectés que les autres professions pour tout ce qui est des services web courants ( messagerie, réseaux sociaux …etc ) . au-delà de 35 ans, ils le sont moins.

De plus, toujours à mon avis, la réalité aujourd’hui, c’est que les grosses structures ayant des moyens financiers  ( constructeurs , médias …) développent des applis qui servent surtout à mettre en valeur leur image de société innovatrice … puisque ces outils ne répondent pas à une attente réelle de la majorité des agriculteurs.

Comment j’anime ma page ? Au tout début lorsque j’ai lancé ma page facebook, je faisais un énorme travail de community management. Il fallait suivre les recommandations de facebook et les appliquer pour gagner de la visibilité. Une tâche qui me prenait beaucoup de temps, par jour, je devais traiter environ 100 messages (photos et questions), dans lequel, je sélectionnais  4/5  photos que je postais ensuite sur ma page fan. Je devais être très attentif aux types de publication que j’allais faire parce que l’algorithme de facebook déterminait si mes posts allaient fonctionner ou pas. Pendant longtemps j’occupais mes journées à développer ma communauté. Aujourd”hui, je suis moins actif mais je continue à entretenir ma page, 90% de mes fans sont francophones »

– Claire LAMY-GRANDIDIER – Pas d’avenir sans agriculteur

« Je pense qu’il y a une différence parmi les agriculteurs, certains sont ultra connectés et d’autres moins. Néanmoins, depuis quelques années les agricultures commencent à être de plus en plus connectés. L’agriculture devient de plus en plus informatisée ce qui pousse les agriculteurs à devenir connectés.

Notre page est gérée par 6 personnes plus ou moins activs ! Nous essayons de nous partager le travail pour gérer au mieux la vingtaine de messages qui arrivent chaque jour.

Pour animer la page, nous proposons des devinettes qui consistent à trouver la marque et le modèle d’un tracteur à partir d’un tableau de bord. Il nous arrive aussi de faire des concours photos, celles qui récoltent le plus de “j’aime” seront mises à l’honneur.

Notre page a pris une très grande ampleur et la portée de nos publication atteint plus de 100 000 personnes.

S’occuper de la page n’est pas une contrainte, au contraire c’est un grand plaisir ! »

 

Lucie Pichon